À l’aube du 20e siècle

Le 15 janvier 1898, Maître PORTEFIN, notaire à Paris, recevait en son étude les statuts de la Société Immobilière du Trocadéro et de Passy…

Aujourd’hui

C’est au 64 rue du Ranelagh que l’ancienne entité, rebaptisée Société de Gérance de Passy, mène, aujourd’hui, les mêmes missions, fidèle à son ADN et ses objectifs.

Exposition Universelle

À l’aube du 20e siècle, les organisateurs de l’Exposition Universelle de 1900 s’affairaient à la préparation de ce glorieux événement, conscients du bénéfice induit par cette manifestation pour la France et son industrie florissante.

Parmi eux figuraient des barons d’Empire et des barons d’industrie, à l’instar d’Edouard DELESSERT.

Celui-ci était l’héritier en droite ligne d’une prestigieuse lignée établie à Passy au 19e siècle et qui, depuis près de deux siècles, était à l’avant-scène de la vie communale tout en jouant aussi un rôle politique et économique majeur sur le plan national.

Vue de Paris en 1900

Depuis plusieurs générations, la famille DELESSERT avait procédé à des acquisitions foncières dans le quartier, des quais de Passy (de l’avenue de Versailles jusqu’au-delà de la rue Beethoven) à la rue Raynouard (ancienne rue Basse), et y exploitait une raffinerie de sucre de référence que l’Empereur Napoléon Bonaparte visita.

La famille DELESSERT eut alors l’idée de faire construire plusieurs ensembles immobiliers sur ses terrains, puis d’en acquérir d’autres afin d’y faire réaliser de nouveaux immeubles, pour assurer le logement des exposants et des nombreux visiteurs attendus à l’Exposition Universelle, d’avril à novembre 1900.

L’originalité de la démarche, qui contribua aussi au prestige de l’événement, fut renforcée par le choix délibéré de faire bâtir des immeubles de grand confort, capitalisant sur une localisation à proximité de la plupart des pavillons de l’Exposition Universelle (qui s’étendait sur 112 hectares le long de la Seine sur l’axe Tour Eiffel/Palais de Chaillot) et anticipant la future desserte par l’une des premières lignes du Métropolitain et par les chemins de fer.

Le Trocadéro

Le 15 janvier 1898, Maître PORTEFIN, notaire à Paris, recevait en son étude les statuts de la Société Immobilière du Trocadéro et de Passy qui avait notamment pour objet « l’utilisation, après l’Exposition, des constructions élevées sur les immeubles de la Société, en maison de rapport, la mise en valeur et l’exploitation des immeubles de la Société de quelque manière que ce soit ; la location et la réalisation de ces immeubles. Et généralement toutes opérations foncières, immobilières, industrielles et financières pouvant se rattacher aux objets ci-dessus. »

Le siège social s’établit d’abord au 5 rue des Capucines puis fut rapidement transféré, dès la construction des premiers immeubles, au 21 boulevard Delessert, où il demeura jusqu’en 1991.

Parc du Trocadéro

C’est ainsi que fut édifiée, en des temps records, une partie des immeubles du boulevard Delessert, de la rue de l’Alboni et du square de l’Alboni. Des clichés photographiques datant de 1900 révèlent que la voie privée du square avait déjà son tracé actuel, même si tous les immeubles qui la bordent aujourd’hui n’étaient pas encore construits.

Il est aussi intéressant de constater la situation déjà privilégiée de ces immeubles, associée à un niveau de confort dont il est difficile de trouver l’équivalent encore aujourd’hui.

La Gérance de Passy

Quelques années après l’Exposition Universelle, l’exploitation des immeubles s’avéra néanmoins déficitaire et la Société Immobilière de Trocadéro et de Passy fut dissoute après vente aux enchères de son prestigieux patrimoine.

Ces circonstances permirent toutefois à l’activité d’administration de biens de se maintenir, voire même de se développer grâce à l’essor de la copropriété. Ainsi, l’ancienne entité, rebaptisée Société de Gérance de Passy, héritière du souci de maintenir le prestige et la qualité des biens qui lui étaient confiés, poursuivit dans les mêmes locaux son activité de gérance immobilière et développa celle de syndic de copropriété, tant pour le compte de son patrimoine initial que pour celui d’un portefeuille qui allait croître de plus en plus.

C’est au 64 rue du Ranelagh qu’elle mène, aujourd’hui, les mêmes missions, fidèle à son ADN et ses objectifs, pour servir au mieux une clientèle qui se distingue par sa très grande fidélité.